En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour assurer le bon fonctionnement de nos services.
En savoir plus

Espace Culturel

Visite de Jean-Louis Garnell

Par NATHALIE GENAY, publié le mardi 21 novembre 2017 11:00 - Mis à jour le mardi 21 novembre 2017 11:00

         Mercredi 15 Novembre 2017, nous avons eu la chance de rencontrer le photographe Jean-Louis Garnell, l’auteur de notre 1/100 culturel exposé sur les murs du collège depuis 30 ans. Accompagnés de Dominique Blanc, le coordinateur de l’espace photographique Arthur Batut, de Martine Bouissy et d’Eric Guinedor, le modèle d’un des diptyques que les élèves de troisième ont déjà vus, nous avons fait le tour des œuvres pour constater leur état et les lieux d’accrochage.

           A la grande surprise de l’artiste, les photos ne sont pas trop abimées à l’exception d’un diptyque qu’il faut entièrement rénover et qui, stocké dans une réserve, n’est plus visible des élèves depuis plusieurs années.

 

J.L Garnell nous a expliqué la marche à suivre qui consiste à détruire l’œuvre que nous possédons et refaire un tirage à partir des clichés originaux. Effectivement, après 20 ans, on ne peut reproduire une ouvre. Elle est considérée comme « vintage », trop âgée donc jaunie, elle n’a plus rien de ressemblant avec l’originale. Par contre, les autres diptyques étant protégés du soleil, ont moins souffert.

Dès son arrivée, l’artiste fut surpris du changement du collège, son architecture mais aussi l’agencement extérieur de la cour de récréation. Il se souvenait qu’il n’y avait pas les extensions des bâtiments avec les salles 8,9 ni la grande salle informatique ou l’accueil. On entrait directement par le hall où les œuvres étaient visibles immédiatement. On peut voir encore les traces d’un accrochage avec les trous dans les murs et les variations de couleurs sur la peinture. C’est ainsi que le pigeonnier était installé à gauche de la salle d’arts plastiques, la cheminée à gauche de l’infirmerie et qu’il y en avait une autre entre les toilettes des élèves et celles des professeurs à la place des étagères pour les cartables.

Nous en avons profité pour lui demander son avis sur une nouvelle disposition afin de mettre ses œuvres davantage en valeur. D’après lui, le pigeonnier est bien placé mais il devrait être centré sur le mur, le paysage devrait avoir un support blanc, les portraits de filles pourraient venir se placer sur le mur de la salle de technologie. Malheureusement, il n’a pas eu le temps de nous donner son avis sur le diptyque de la ville ou celui de la mer.

Les retrouvailles entre le photographe J.Louis Garnell et le modèle Eric Guinedor, adolescent à l’époque, posant avec son frère sur le diptyque du pigeonnier, nous a permis de remonter aux origines de l’œuvre mais aussi de considérer l’impact qu’elle a eu dans la vie des garçons. Eric étant depuis quatre ans, un lien pédagogique entre le créateur et l’œuvre, nous avons expliqué son rôle important dans le concours d’écriture que nous organisons en troisième avec les enseignants de français. C’est un travail de création de textes à plusieurs qui fonctionne très bien parce que les élèves s’identifient facilement à la photo après la rencontre avec le modèle. La nouveauté cette année est d’écrire aussi sur les autres œuvres et nous ferons parvenir les textes sélectionnés à l’artiste qui est très intéressé.

   Il nous a aussi expliqué sa démarche artistique et nous en avions bien besoin. Autant le pigeonnier, le paysage en transformation ou la ville, ont pu faire sens pour nous, autant le triptyque de la mer était difficile à comprendre sans explications données par l’artiste.       

Nous avons appris que le travail s’était effectué pendant le chantier du tunnel sous la manche reliant la France à l’Angleterre. La partie centrale montre la mer du nord avec un minuscule ferry, c’est la trajectoire identique du tunnel. Pour garder cette idée du passage, Garnell a photographié une tête sculptée de sphinx, représentée par les égyptiens, dans un foyer de cheminée. Foyer sombre, tunnel, le rapport est trouvé. Pour le sphinx et l’idée du passage, je vous renvoie à son histoire tirée de la mythologie grecque.

Le Sphinx, c’est un buste de femme dénudée sur un corps de lion ailé. Elle tue toutes personnes essayant d’aller à Thèbes. Elle déclare qu’elle restera tant qu’un homme ne pourra répondre à l’énigme suivante : 

« Quel être, pourvu d’une seule voix, a d’abord quatre jambes le matin, puis deux jambes le midi, et trois jambes le soir ? ».

C’est Œdipe qui trouve la solution : l’homme.

En effet, lorsqu’il est enfant, il a quatre jambes car il se déplace à quatre pattes ; adulte, il marche sur deux jambes ; quand il est vieux, il a trois jambes, lorsqu’il s’appuie sur son bâton. Furieux, le sphinx se jette du haut du rocher et meurt.

Mais pour être plus léger, le photographe dit que la tête sculptée, placée au milieu du foyer de cheminée, était aussi son autoportrait. Il avait une coupe de cheveux similaire à l’époque. Les six photos que nous avions identifiées comme des polaroïds sur le côté gauche, sont en fin de compte des cartes postales représentant des dessins de Rodin, Giacometti, Rembrandt, Bacon et deux autres dont j’ai oublié le nom. S’il a gardé cette idée de foyer de cheminée, c’est aussi pour faire un parallèle  avec l’imaginaire. Nous ignorions encore l’impression qu’on aurait en voyageant dans un tunnel sous la manche.

Pour finir, nous avons appris que toutes les œuvres sont reliées par un même thème : celui de « l’ici et l’ailleurs ».

Cette première rencontre nous a permis de comprendre davantage les œuvres mais également combien le 1/100 culturel a changé depuis trente ans. Devant être au départ un apport culturel accessible aux élèves et parents de l’établissement, il est parfois mis à l’écart alors que les journées du patrimoine intègrent depuis peu les établissements scolaires dans leurs visites et s’efforcent de le revaloriser.